Archives de catégorie : La pratique du yoga

Vous trouverez dans cette catégorie divers outils de la grande boîte à outils de la pratique de yoga. De quoi pouvoir se remémorer les différentes postures (asanas), des techniques du souffle (pranayamas), enseignements de la philosophie du yoga, des outils de relaxation…

Temple-de-Glace-nidra-avec-Bhavani-du-27-juin-2026

Quand une conversation à la pharmacie devient un Yoga Nidra : explorer la fraîcheur intérieure pendant la canicule

Depuis quelques jours, la France traverse un épisode de canicule. En me rendant à la pharmacie, j’ai eu un échange très simple et sympathique avec les pharmaciennes. J’aime beaucoup les habitants de Decazeville et des environs : les gens sont ouverts, spontanés, il y a souvent une parole facile, chaleureuse. Cela me rappelle parfois mes origines ch’ti. Dans la file d’attente, une personne expliquait qu’elle arrivait à s’endormir en écoutant des sons de pluie et d’orage. Une autre a répondu, presque en souriant :


« Moi je regarde des documentaires sur l’Alaska… et j’ai presque froid. »

Je suis ressortie avec cette phrase en tête.

Elle n’était pas spectaculaire. Juste étonnamment parlante.

Le lendemain, elle est devenue le point de départ d’un Yoga Nidra que j’ai proposé autour de la fraîcheur intérieure.

Quand une scène ordinaire devient une pratique de Yoga Nidra

Les pratiques de Yoga Nidra naissent rarement d’un concept.

Elles émergent souvent de scènes très simples :

  • une conversation entendue au détour du quotidien
  • une sensation dans le corps
  • une observation du lien entre imaginaire et perception

À partir de là, je laisse cette expérience dialoguer avec les textes du yoga, les enseignements reçus et la pratique.

Puis une forme se dessine.

Non pas pour produire une technique.

Mais pour offrir un espace d’exploration de la conscience.


Peut-on réellement ressentir ce que l’on imagine ?

Ce que la science nous montre

Lorsque l’on imagine une sensation de chaleur ou de fraîcheur, le cerveau ne reste pas simplement passif.

Les neurosciences ont montré que l’imagination active des zones cérébrales proches de celles impliquées dans la perception réelle (Kosslyn et al., 2001, Nature Reviews Neuroscience, https://www.nature.com/articles/35090055).

Dans certaines expériences, des personnes qui visualisent intensément le chaud ou le froid rapportent aussi de légères modifications corporelles, comme des variations de température de la peau ou du rythme respiratoire (Kojo, 1985, Scandinavian Journal of Psychology, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1467-9450.1985.tb01169.x).

Autrement dit, le système nerveux ne sépare pas toujours de manière stricte ce qui est perçu de ce qui est imaginé.

L’expérience intérieure participe donc, subtilement, à la manière dont le corps vit une sensation.


🌿 Ce que le Yoga Nidra explore

Dans le Yoga Nidra, cette capacité de l’esprit n’est pas utilisée pour produire une illusion.

Elle est utilisée pour observer.

Lorsque la conscience est guidée vers une sensation de fraîcheur, un paysage ou un élément naturel, il ne s’agit pas de fuir la réalité.

Il s’agit de regarder très finement comment une expérience se construit.

Peu à peu, une évidence apparaît :

la sensation n’est pas uniquement “dans le monde extérieur”.
Elle naît de la rencontre entre le monde, les sens et la conscience qui perçoit.


🪷 Le regard du Sāṃkhya : la perception comme construction

Dans la tradition du Sāṃkhya, l’expérience humaine est décrite comme le résultat d’une interaction entre plusieurs niveaux :

  • ce qui est perçu (les éléments du monde)
  • les sens
  • le mental
  • et la conscience qui observe

Le monde tel que nous le vivons n’est donc jamais une simple donnée brute.

Il est toujours une expérience construite.

Dans cette perspective, la chaleur ou la fraîcheur ne sont pas seulement des faits physiques.

Ce sont des expériences complètes, façonnées par toute la chaîne de la perception.


🌀 Vishnu et le monde comme expérience vécuela réalité vécue est toujours une rencontre entre ce qui est là… et la manière dont c’est perçu.



Dans certaines traditions du Vedānta, une image revient souvent :

               Vishnu rêve le monde.

Cette image ne cherche pas à expliquer l’univers. Elle invite à regarder autrement. Elle suggère que le monde tel que nous le vivons apparaît dans une conscience vaste, et que notre expérience dépend aussi de la manière dont cette conscience se déploie à travers nous.
Dans ce regard, imaginer la pluie en pleine canicule ou ressentir une fraîcheur intérieure ne signifie pas nier le réel.
Cela met en lumière quelque chose de plus subtil :

La réalité vécue est toujours une rencontre entre ce qui est là… et la manière dont c’est perçu.

🌬️ Le Yoga Nidra comme espace d’exploration

Dans le Yoga Nidra, cette compréhension devient une expérience directe.

En guidant l’attention vers des sensations de fraîcheur, de pluie ou de paysages, la pratique ne cherche pas à transformer le monde extérieur.
Elle permet d’observer comment la conscience participe à la construction de l’expérience.

C’est un espace où l’on peut voir, avec simplicité, que :

  • l’attention influence la perception
  • l’imaginaire dialogue avec le corps
  • et la sensation n’est jamais totalement séparée du mental

🌿 Ce que cette pratique révèle

En construisant ce Yoga Nidra, quelque chose s’est clarifié.

Nous passons souvent beaucoup de temps à vouloir modifier les conditions extérieures pour retrouver du confort.

Mais il existe aussi une autre voie, plus subtile : observer comment ces conditions sont vécues de l’intérieur. Ce déplacement du regard ne change pas la météo. Il change la manière d’habiter ce qui est là.

Cette pratique est née d’une scène ordinaire. Une pharmacie. Une chaleur d’été. Quelques mots échangés entre inconnus. Et pourtant, elle ouvre une question essentielle :

qu’est-ce que “vivre une sensation” ?

Entre neurosciences, Yoga Nidra et Sāṃkhya, une chose apparaît clairement : la perception n’est pas seulement une lecture du monde.
C’est un espace vivant, en constante interaction avec la conscience.

Proposition de pratique

Avant de dormir ou dans un moment de chaleur :

  • s’allonger
  • sentir la température du corps sans la modifier
  • imaginer un lieu frais (eau, forêt, vent léger)
  • laisser les sensations apparaître ou non
  • observer sans chercher à provoquer un résultat

Le son du silence : ce que le temple de cristal m’a révélé pendant un Yoga Nidra

Samedi matin, vous étiez plusieurs à fermer les yeux derrière nos écrans, tandis que je déroulais la visualisation du yoga nidra que j’avais laissé venir en moi la veille.

Chacun dans un lieu différent. Une maison, un appartement, parfois encore le corps un peu engourdi par la nuit, parfois déjà agité par la journée qui commence. Et pourtant, au fil du Yoga Nidra, toujours quelque chose se dépose.

L’image centrale de la visualisation de ce yoga nidra : Un temple de cristal. Il n’était pas spectaculaire. Il était surtout silencieux. Et c’est précisément ce silence qui, peu à peu, est devenu le cœur de la pratique.

Le silence n’est pas vide : il est plein d’une présence subtile

Le silence comme expérience vivante

Dans notre quotidien, nous associons souvent le silence à une absence :

  • absence de bruit
  • absence de parole
  • absence d’activité

Mais dans la pratique du Yoga Nidra, ou la méditation, ou tout autre pratique yogique consciente, le silence prend une autre qualité. Il n’est pas vide.Il est habité. Un peu comme si, lorsque le mental se met à se retirer, une autre perception apparaissait. Non pas un son extérieur. Mais une présence sonore intérieure.


Le “son du silence” dans la tradition yogique

Dans les textes du yoga, cette idée n’est pas nouvelle. On retrouve dans certaines Upanishad et traditions du yoga du son (Nāda Yoga) la notion d’un son subtil :

  • le son non frappé
  • le son intérieur
  • le “son qui n’a pas de cause extérieure”

Ce n’est pas un son au sens habituel.

C’est une expérience de conscience. Un murmure sans origine. Une vibration sans objet. Jacques Vigne a beaucoup parlé de ce sujet, c’est d’ailleurs grâce à un stage avec Jacques Vigne, que j’ai découvert ce son du silence. Voici un article de Jacques Vigne où il parle de ce son : http://jacquesvigne.com/JV/traductions2009/yoga-de-lecoute-du-son-du-silence.pdf


Yoga Nidra : quand le mental cesse de commenter le monde

Une porte vers un autre état de perception

Le Yoga Nidra ne cherche pas à “faire taire” les pensées. Il invite plutôt à :

  • ne plus s’y accrocher
  • ne plus les suivre
  • les laisser passer

Et peu à peu, quelque chose change. Ce qui était bruit devient espace. Ce qui était agitation devient perception fine. Dans cet espace, le silence n’est plus une absence. Il devient si on peut dire : une texture de conscience.


Le temple de cristal : une image intérieure

Pendant la pratique, l’image du temple de cristal est apparue.

Un lieu :

  • transparent
  • lumineux
  • sans densité
  • mais pourtant structuré

Rien n’y était lourd. Tout y était clair. Et dans cette clarté, le silence semblait “sonner” de ce silence. Comme si chaque paroi, chaque espace, chaque respiration du lieu vibrait sans bruit. Avez-vous ressenti cela ? Cela serait intéréssant de mettre votre vécu dans les commentaires en bas de l’article. À la place du « nom » mettez votre prénom.


Le silence dans les Yoga Sutra de Patanjali

Chitta vritti nirodha : l’apaisement des fluctuations

Patanjali définit le yoga comme :

« Yogaś citta-vṛtti-nirodhaḥ »
Le yoga est l’arrêt des fluctuations du mental.

Cet “arrêt” n’est pas une disparition, c’est un apaisement. Et dans cet apaisement, quelque chose devient perceptible :

  • une stabilité
  • une présence
  • une conscience qui observe

Le témoin silencieux

Les Yoga Sutra évoquent aussi le drashta, le témoin. Celui qui voit. Celui qui n’est pas agité par ce qui est vu. Dans l’expérience du Yoga Nidra, ce témoin devient plus accessible. Avec lui, une forme de silence apparaît : un silence qui n’est pas dans le monde… mais dans la manière de percevoir le monde. Vous comprenez maintenant comment peuvent-être conçu chaque nidra et donc la puissance de cette pratique. Moi, je la découvre de manière exponentielle depuis ces dernières années.


Quand la science rejoint l’expérience du silence

Le cerveau et les états de repos conscient

Les recherches en neurosciences sur les états proches du Yoga Nidra (notamment les états hypnagogiques) montrent que :

  • le cerveau ne “s’éteint” pas
  • il change de mode de fonctionnement
  • certaines régions liées au contrôle volontaire se relâchent
  • des zones liées à l’imagerie et à l’intuition deviennent plus actives

Cela ne parle pas du “silence intérieur” au sens spirituel. Cependant cela montre quelque chose d’intéressant :

Le cerveau peut fonctionner sans agitation cognitive constante.

Perception et expérience du silence

Des études en psychologie perceptive montrent aussi que :

  • lorsque l’attention diminue
  • la perception des micro-stimuli augmente
  • les sensations internes deviennent plus présentes

Autrement dit :

plus le bruit mental diminue, plus le subtil devient perceptible.


Le silence comme retour à soi

Une expérience simple, accessible à tous

Le silence dont parle le Yoga Nidra n’est pas réservé à des expériences extraordinaires. Il peut être approché :

  • en s’asseyant quelques minutes
  • en observant la respiration
  • en laissant les sons apparaître et disparaître

Sans effort. Sans recherche ( c’est ça le plus difficile pour moi personnellement )


Une invitation

Peut-être que le silence n’est pas quelque chose à atteindre. Mais quelque chose à reconnaître. Comme s’il était déjà là, sous les couches de bruit, d’habitudes et de pensées.


Une pratique simple:

Avant de dormir ou au réveil :

  1. S’installer confortablement
  2. Fermer les paupières
  3. Observer les sons présents autour de soi
  4. Puis remarquer l’espace entre ces sons
  5. Et doucement, porter attention à cet espace lui-même

Sans chercher à le modifier. Juste l’écouter. Comme on écouterait un lieu vivant.


Conclusion : le silence n’est pas loin

Le Yoga Nidra ne nous emmène pas ailleurs. Il nous ramène ici , un “ici” plus vaste. Dans cette expérience du temple de cristal, quelque chose m’a été rappelé avec douceur : Le silence n’est pas l’absence du monde. Il est peut-être la manière la plus fine de l’habiter.

Avidya : pourquoi l’ignorance est la racine de nos souffrances selon les Yoga Sutra

Lorsque l’on découvre la philosophie du yoga, on s’attend parfois à trouver des réponses compliquées à des questions compliquées. Et pourtant, certains enseignements tiennent en quelques mots.

Dans les Yoga Sutra, Patanjali affirme que la racine de nos souffrances est avidya, l’ignorance.

Cette affirmation peut sembler étonnante. Nous vivons à une époque où l’information est partout. Nous pouvons accéder en quelques secondes à davantage de connaissances que n’en possédaient probablement des générations entières avant nous.

Et pourtant, jamais nous n’avons eu autant de moyens d’apprendre, ni autant cherché qui nous sommes.

Peut-être parce que l’ignorance dont parle Patanjali n’a rien à voir avec le manque de savoir. Elle concerne quelque chose de beaucoup plus intime : notre manière de nous percevoir, de percevoir le monde et d’interpréter la réalité.

Une ignorance qui n’est pas un manque de connaissances

Pendant longtemps, lorsque j’entendais le mot « ignorance », j’imaginais quelqu’un qui manque d’informations.

Puis j’ai découvert les Yoga Sutra et j’ai compris que Patanjali parlait d’autre chose.

Il parle d’une confusion, d’une erreur de perception.

Comme lorsque nous prenons une corde pour un serpent dans la pénombre.

Le serpent paraît réel. La peur est réelle. Le cœur s’accélère. Le corps réagit.

Pourtant, le serpent n’existe pas.

Seule notre perception est erronée.

Dans la tradition indienne, cette image revient souvent. Elle illustre parfaitement ce qu’est avidya : nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, mais à travers nos conditionnements, nos peurs, nos attachements et nos croyances.

La définition de Patanjali

Dans le deuxième chapitre des Yoga Sutra, Patanjali donne une définition précise :

Avidya consiste à prendre l’impermanent pour le permanent, l’impur pour le pur, la souffrance pour le bonheur et le non-soi pour le Soi.

Cette phrase est d’une richesse extraordinaire. Elle mérite presque une vie entière de contemplation.

Car si nous regardons honnêtement notre existence, nous pouvons reconnaître ces mécanismes partout.

Prendre l’impermanent pour le permanent

C’est probablement l’une des illusions les plus répandues.

Nous savons intellectuellement que tout change : les saisons passent, les enfants grandissent, les relations évoluent et notre corps vieillit.

Pourtant, une partie de nous continue à espérer que certaines choses resteront identiques.

Au fil de mon enseignement, j’observe souvent cela :

  • une mère qui a consacré vingt ans à ses enfants et qui ne sait plus comment se définir lorsqu’ils quittent la maison ;
  • un homme qui a construit son identité autour de son travail et qui se retrouve désemparé au moment de la retraite ;
  • une personne qui reste dans une relation devenue douloureuse parce que l’idée du changement lui semble encore plus effrayante.

La souffrance vient rarement du changement lui-même. Elle vient souvent de notre difficulté à accepter qu’il fasse partie de la vie.

Prendre le non-soi pour le Soi

C’est sans doute l’aspect le plus subtil d’avidya. Et aussi le plus important.

Qui sommes-nous réellement ?

Lorsque nous répondons à cette question, nous parlons souvent de notre métier, de notre caractère, de notre histoire, de nos goûts ou de nos croyances.

Mais toutes ces choses changent.

Alors peut-on réellement les considérer comme notre identité profonde ?

Les sages de l’Inde nous invitent à explorer cette question, non pas intellectuellement, mais à travers l’expérience.

C’est exactement ce que Krishna cherche à transmettre à Arjuna dans la Bhagavad Gita. Pendant des chapitres entiers, il tente de montrer ce qui ne peut pas vraiment être décrit.

L’absolu. Le Soi. La conscience.

Appelez cela comme vous voulez.

Les mots changent. La réalité qu’ils tentent de désigner demeure.

Pourquoi cette ignorance est-elle à la racine des autres klesha ?

Dans l’article précédent consacré aux cinq klesha, nous avons vu qu’avidya est considérée comme leur origine.

Lorsque nous oublions qui nous sommes réellement, apparaissent alors :

  • asmita : l’identification à nos rôles ;
  • raga : l’attachement ;
  • dvesha : l’aversion ;
  • abhinivesha : la peur de perdre ou de disparaître.

J’aime utiliser l’image d’un arbre.

Avidya est la racine. Les autres klesha sont les branches.

Si nous coupons une branche, une autre peut repousser. Mais si nous comprenons la racine, l’ensemble de l’arbre devient plus clair.

Ce que mes voyages en Inde m’ont appris sur l’attachement

Je me souviens d’une fête de Shivaratri que j’attendais avec impatience.

Tout était organisé. Je devais rejoindre une amie indienne, passer la nuit à chanter dans un temple et participer à cette célébration qui me tenait à cœur.

Et puis rien ne s’est passé comme prévu.

J’ai dû renoncer à ce projet.

Sur le moment, j’ai ressenti de la déception. Puis je suis restée seule dans ma chambre à chanter pour Shiva.

Avec le recul, je vois cette expérience comme un enseignement.

Elle m’a rappelé que même les aspirations spirituelles peuvent devenir des attachements.

Nous pouvons nous attacher à un lieu, à une pratique, à une cérémonie ou à une expérience spirituelle.

Le mental est extrêmement créatif lorsqu’il s’agit de fabriquer des attentes. Et lorsque ces attentes ne se réalisent pas, nous découvrons souvent l’attachement qui se cachait derrière elles.

Le vide que nous cherchons parfois à éviter

Une autre compréhension est apparue progressivement au fil des années.

Nous avons souvent peur du vide.

Nous remplissons nos agendas, nos journées, nos projets et nos objectifs.

Et parfois même notre vie spirituelle :

  • stages ;
  • retraites ;
  • lectures ;
  • pratiques ;
  • voyages.

Tout cela peut être précieux.

Mais cela peut aussi devenir une manière subtile d’éviter une rencontre plus profonde avec nous-mêmes.

Car dans le silence, dans le vide, dans les espaces où il n’y a rien à accomplir, quelque chose apparaît.

Quelque chose que le yoga cherche précisément à nous faire découvrir.

Le Yoga Nidra : une expérience directe d’avidya

C’est aussi pour cette raison que j’aime tant transmettre le Yoga Nidra.

Dans cet état particulier entre veille et sommeil, certaines identifications deviennent moins solides.

Nous ne sommes plus en train de faire, de produire, d’agir ou de réussir.

Pendant quelques instants, nous cessons même parfois de nous raconter notre histoire.

Et alors une question peut émerger naturellement :

Que reste-t-il lorsque tout cela s’apaise ?

Cette question n’appelle pas une réponse intellectuelle.

Elle invite à une expérience.

Et c’est précisément là que le Yoga Nidra rejoint les grands enseignements des Yoga Sutra.

Avidya n’est pas une faute

C’est un point essentiel.

Patanjali ne condamne pas l’être humain.

Il ne dit pas :

« Vous êtes mauvais parce que vous êtes ignorants. »

Il dit simplement :

« Voici comment fonctionne le mental lorsqu’il ne voit pas clairement. »

Cette nuance change tout.

Le yoga n’est pas un chemin de culpabilité.

C’est un chemin de lucidité.

Nous avançons tous avec nos conditionnements, nos peurs, nos attachements et nos croyances.

Et progressivement, grâce à la pratique, certains voiles se soulèvent.

Une invitation à la contemplation

Aujourd’hui, je vous propose une question simple.

Prenez quelques minutes dans le silence et observez :

Quelles sont les choses auxquelles je m’identifie le plus actuellement ?

  • Mon métier ?
  • Mon rôle familial ?
  • Mon histoire ?
  • Mes blessures ?
  • Mes réussites ?
  • Mes projets ?

Puis posez-vous une seconde question :

Qui serais-je sans ces définitions ?

Ne cherchez pas une réponse rapide.

Laissez la question travailler en vous.

Peut-être pendant une marche.

Peut-être pendant une méditation.

Peut-être pendant un Yoga Nidra.

Car c’est souvent dans ces espaces de silence que les enseignements cessent d’être des concepts pour devenir une expérience vivante.


Pour aller plus loin

Vous pouvez également explorer :

  • Les cinq klesha : ces compagnons invisibles qui influencent notre vie
  • Asmita : quand les rôles que nous jouons ne suffisent plus à nous définir
  • La Bhagavad Gita et la connaissance de soi
  • Yoga Nidra et conscience témoin
  • Svadhyaya : l’étude de soi dans la tradition du yoga

Les cinq klesha : ces compagnons invisibles qui influencent notre vie

Lorsque nous commençons à pratiquer le yoga, nous cherchons souvent davantage de souplesse, de détente ou de bien-être. Puis, au fil du temps, quelque chose d’autre apparaît. Nous observons que certaines difficultés reviennent régulièrement.

Les mêmes peurs.

Les mêmes attachements.

Les mêmes réactions.

Les mêmes questionnements.

Pourquoi certaines situations nous affectent-elles autant ?

Pourquoi répétons-nous parfois les mêmes schémas malgré nos efforts ?

Pourquoi est-il si difficile de lâcher certaines peurs ou certains attachements ?

Les Yoga Sutra de Patanjali apportent un éclairage particulièrement précieux sur cette question. Ils décrivent cinq causes fondamentales de souffrance appelées klesha.
Le mot sanskrit klesha peut être traduit par « obstacle », « affliction » ou encore « perturbation intérieure ».

J’aime pourtant les voir autrement , comme des compagnons de voyage.

Des compagnons parfois encombrants, certes, mais qui nous enseignent beaucoup sur nous-mêmes lorsque nous apprenons à les reconnaître.

Les klesha : une cartographie de l’expérience humaine

Dans le deuxième chapitre des Yoga Sutra, Patanjali écrit :

« L’ignorance, l’identification, l’attachement, l’aversion et la peur de perdre la vie sont les cinq klesha. » (Yoga Sutra II.3)

Lorsque j’ai découvert cet enseignement, j’ai été frappée par sa modernité. Plus de deux mille ans nous séparent probablement de Patanjali. Pourtant, il décrit avec une précision étonnante ce que nous observons encore aujourd’hui dans nos vies.

Dans nos relations.

Dans notre travail.

Dans notre rapport à nous-mêmes.

Dans notre cheminement spirituel.

Avidya : oublier qui nous sommes

Patanjali place avidya en premier.

Et ce n’est pas un hasard.

Il considère cette ignorance comme la racine des quatre autres klesha.

Mais attention.

L’ignorance dont il parle n’est pas un manque de connaissances.

Une personne peut avoir lu des centaines de livres et demeurer dans avidya.

Selon les Yoga Sutra, l’ignorance consiste notamment à prendre :

  • l’impermanent pour le permanent ;
  • ce qui est limité pour ce qui est infini ;
  • ce qui n’est pas notre véritable nature pour ce que nous sommes réellement.

Au fil des années d’enseignement, c’est probablement ce klesha que j’observe le plus souvent.

Une mère dont les enfants quittent la maison et qui ne sait plus qui elle est sans ce rôle.

Un homme qui part à la retraite après une carrière très investie et qui ressent soudain un vide immense.

Une personne qui reste dans une relation devenue douloureuse parce qu’elle ne parvient pas à imaginer une autre vie.

À chaque fois, une même question semble apparaître :

Qui suis-je lorsque ce à quoi je m’identifiais disparaît ?

Cette question est au cœur du yoga.

Et elle traverse également toute la Bhagavad Gita.

Lorsque Krishna enseigne à Arjuna, il ne cherche pas seulement à résoudre un conflit extérieur.

Il l’invite progressivement à reconnaître une dimension plus vaste de lui-même.

Asmita : lorsque nous devenons nos rôles

Le deuxième klesha est asmita.

On le traduit souvent par « ego » ou « identification ».

Nous avons tous besoin d’une identité pour vivre dans le monde.

Un nom.

Une histoire.

Une personnalité.

Des rôles.

Le problème n’est pas là.

La difficulté apparaît lorsque nous oublions que ces rôles ne représentent qu’une partie de nous-mêmes.

Je suis enseignante.

Autrice.

Amie.

Fille.

Ces rôles existent.

Mais ils changent au fil de la vie.

Le yoga nous invite à découvrir ce qui demeure lorsque les rôles évoluent.

Cette recherche n’est pas toujours confortable.

Mais elle ouvre un espace de liberté immense.

Raga : l’attachement qui veut retenir la vie

Le troisième klesha est raga.

L’attachement.

Nous aimerions souvent que les moments agréables durent toujours.

Que certaines relations ne changent jamais.

Que les situations favorables se prolongent indéfiniment.

J’ai beaucoup réfléchi à ce klesha lors de mes voyages en Inde.

Je me souviens notamment d’une fête de Shivaratri à laquelle je souhaitais participer.

Tout était prévu.

Je devais rejoindre une amie indienne.

Passer la nuit à chanter dans un temple.

Et puis la vie en a décidé autrement.

J’ai dû renoncer à ce projet au dernier moment.

Sur l’instant, j’ai ressenti de la frustration.

Puis j’ai passé la soirée seule à chanter pour Shiva dans ma chambre.

Et finalement, cette expérience est devenue un enseignement.

Elle m’a rappelé que même les désirs les plus spirituels peuvent devenir des attachements.

Le yoga ne nous demande pas de ne rien aimer.

Il nous invite simplement à ne pas faire dépendre notre paix intérieure de la réalisation de nos désirs.

Dvesha : le refus de ce qui est

À l’opposé de l’attachement se trouve dvesha.

L’aversion.

Nous cherchons naturellement à éviter ce qui nous fait souffrir.

C’est humain.

Mais parfois, cette fuite nous enferme.

Nous refusons certaines émotions.

Certaines situations.

Certaines remises en question.

Pourtant, ce que nous refusons de regarder continue souvent à agir dans l’ombre.

La pratique du yoga nous apprend progressivement à accueillir l’expérience avec davantage d’ouverture.

Non parce que tout est agréable.

Mais parce que l’acceptation est souvent plus libératrice que la résistance.

Abhinivesha : la peur de perdre ou de disparaître

Le dernier klesha est probablement le plus universel.

Abhinivesha.

La peur de perdre.

La peur du changement.

La peur de la mort.

La peur de l’inconnu.

Patanjali précise même que cette peur est présente chez les sages eux-mêmes.

Cela me rassure toujours lorsque je lis ce passage.

Car nous avons parfois tendance à imaginer qu’un chemin spirituel devrait nous débarrasser instantanément de toutes nos peurs.

Mon expérience est différente.

Je constate plutôt que la pratique nous aide à les regarder plus lucidement.

Pendant longtemps, les peurs ont occupé une place importante dans mon propre cheminement.

Et je continue d’apprendre avec elles.

Mes voyages en Inde, les changements de vie successifs, les déménagements, les périodes d’incertitude m’ont régulièrement confrontée à ce klesha.

Je n’ai pas découvert une absence totale de peur.

J’ai découvert que je pouvais avancer malgré elle.

Et cela change tout.

Pourquoi les klesha sont-ils si difficiles à voir ?

Parce qu’ils agissent souvent de manière subtile.

Ils ressemblent à des habitudes de pensée.

À des évidences.

À des réflexes.

Nous croyons voir clairement la réalité alors que nous la regardons souvent à travers leurs filtres.

C’est précisément pour cette raison que le yoga insiste autant sur l’observation.

La méditation.

Le Yoga Nidra.

L’étude des textes.

Le silence.

Toutes ces pratiques développent peu à peu notre capacité à voir ce qui se joue en nous.

Le Yoga Nidra : observer sans juger

Dans mes séances de Yoga Nidra, j’observe souvent un phénomène intéressant.

Lorsque le corps se détend profondément et que le mental ralentit, les mécanismes habituels deviennent plus visibles.

Une peur apparaît.

Puis disparaît.

Une émotion traverse l’espace de conscience.

Puis s’éloigne.

Une pensée surgit.

Puis se dissout.

Petit à petit, nous découvrons que nous pouvons observer ces mouvements sans être obligés de nous identifier à eux.

Cette découverte est précieuse.

Car elle ouvre la porte à davantage de liberté intérieure.

Les klesha ne sont pas des ennemis

Pendant longtemps, j’ai cru que le chemin spirituel consistait à éliminer tout ce qui créait de la souffrance.

Aujourd’hui, je vois les choses autrement.

Les klesha ne sont pas des ennemis.

Ils sont des révélateurs.

Ils nous montrent là où nous sommes encore attachés.

Là où nous avons peur.

Là où nous nous identifions.

Là où nous oublions notre nature profonde.

À ce titre, ils peuvent devenir de véritables enseignants.

Une question à emporter avec vous

La prochaine fois qu’une situation vous fait réagir fortement, prenez quelques instants pour vous interroger :

Quel klesha est en train de s’exprimer en moi ?

Est-ce une peur ?

Un attachement ?

Une identification ?

Une résistance ?

Ou peut-être l’une des nombreuses formes que prend l’ignorance ?

Ne cherchez pas à vous juger.

Observez simplement.

C’est souvent ainsi que commence la connaissance de soi.

Et c’est précisément ce chemin que le yoga nous invite à emprunter.


Pour aller plus loin

Vous pouvez également explorer :

  • Asmita : quand les rôles que nous jouons ne suffisent plus à nous définir
  • Comprendre Avidya dans les Yoga Sutra
  • La Bhagavad Gita et la connaissance de soi
  • Yoga Nidra et conscience témoin
  • Svadhyaya : l’étude de soi dans la tradition du yoga

Cet article parle de :

  • cinq klesha
  • klesha yoga
  • Yoga Sutra de Patanjali
  • philosophie du yoga
  • avidya
  • asmita
  • raga
  • dvesha
  • abhinivesha
  • causes de la souffrance yoga
  • connaissance de soi
  • Bhagavad Gita
  • Yoga Nidra
  • yoga traditionnel
  • méditation
  • développement intérieur
  • étude de soi
  • spiritualité indienne

Avidya dans les Yoga Sutra : comprendre l’ignorance qui nous éloigne de notre véritable nature

Lorsque l’on découvre les Yoga Sutra de Patanjali, certains mots reviennent régulièrement. Parmi eux, il en est un qui occupe une place centrale : avidya.

Traduit le plus souvent par « ignorance », ce terme peut sembler simple à comprendre. Pourtant, dans la tradition du yoga, il possède une profondeur remarquable.

Il ne s’agit pas d’un manque de culture, d’intelligence ou de connaissances.

Une personne peut avoir lu des centaines de livres, obtenu des diplômes, accumulé de nombreuses expériences et demeurer pourtant dans avidya.

Car l’ignorance dont parle Patanjali est d’une autre nature. C’est l’ignorance de ce que nous sommes véritablement. Et selon les Yoga Sutra, c’est la racine de la plupart de nos souffrances.

Pourquoi la notion d’avidya est-elle si importante dans le yoga ?

Les Yoga Sutra ne cherchent pas seulement à nous enseigner des postures ou des techniques de méditation.

Ils proposent une véritable exploration de la condition humaine.

Patanjali observe que nous aspirons tous au bonheur, à la paix et à la liberté intérieure.

Pourtant, malgré nos efforts, nous nous retrouvons souvent pris dans des schémas répétitifs :

  • peur de perdre ce que nous aimons ;
  • peur de l’échec ;
  • peur du regard des autres ;
  • attachement à certaines situations ;
  • difficultés à accepter le changement ;
  • sentiment de séparation.

Selon Patanjali, ces difficultés ont une origine commune : avidya.

Lorsque nous ne voyons pas clairement la réalité, nous développons naturellement des comportements qui entretiennent notre souffrance.

La définition d’avidya selon Patanjali

Dans le deuxième chapitre des Yoga Sutra, Patanjali donne une définition très précise :

« Avidya consiste à prendre l’impermanent pour le permanent, l’impur pour le pur, la souffrance pour le bonheur et le non-soi pour le Soi. »

Cette phrase mérite d’être méditée longuement. Elle résume une grande partie de l’enseignement du yoga.

Confondre l’impermanent et le permanent

Tout dans notre existence est en mouvement.

Le corps change.

Les émotions changent.

Les relations changent.

Les situations changent.

Pourtant, nous passons beaucoup de temps à chercher une sécurité durable dans ce qui est, par nature, changeant. Lorsque ces changements surviennent, nous souffrons souvent parce que nous espérions inconsciemment que certaines choses demeurent identiques.

Le yoga ne nous demande pas d’éviter les changements. Il nous invite à les reconnaître comme faisant partie de la vie.

Confondre la souffrance et le bonheur

Certaines expériences procurent du plaisir immédiat. Pourtant, elles ne conduisent pas toujours à une paix durable. Nous avons tous connu ces moments où nous obtenons enfin ce que nous désirions. Puis, quelques jours ou quelques semaines plus tard, un nouveau désir apparaît.

Le yoga ne condamne pas les plaisirs de la vie. Il nous encourage simplement à observer leur caractère transitoire. Cette observation développe progressivement le discernement.

Confondre le non-soi et le Soi

C’est probablement l’aspect le plus subtil d’avidya. La plupart du temps, lorsque nous disons « je », nous parlons de notre personnalité, de notre histoire, de nos goûts, de nos opinions ou de nos émotions. Or les sages du yoga nous invitent à observer que tout cela évolue constamment.

Alors qui sommes-nous réellement ?

Cette question est au cœur de la méditation, du Yoga Nidra, du Vedanta et de nombreux enseignements traditionnels de l’Inde.

Comment avidya se manifeste dans notre quotidien

Les grands concepts philosophiques deviennent intéressants lorsqu’ils éclairent notre vie concrète.

Prenons quelques exemples simples.

« Je suis mon métier »

Une personne peut construire toute son identité autour de sa profession.

Si elle perd son emploi ou part à la retraite, elle peut avoir l’impression de perdre une partie d’elle-même.

Pourtant, avant ce métier, elle existait déjà.

Et après lui également.

« Je suis mes émotions »

Nous avons parfois tendance à dire :

« Je suis anxieux. »

« Je suis triste. »

« Je suis en colère. »

Mais une émotion est-elle vraiment ce que nous sommes ?

Ou bien est-elle une expérience qui traverse momentanément notre conscience ?

Cette nuance change profondément notre rapport à nous-mêmes.

« Je suis mes pensées »

La méditation révèle souvent une évidence surprenante :

les pensées apparaissent et disparaissent en permanence.

Si elles changent sans cesse, comment pourraient-elles définir entièrement notre identité ?

Les autres klesha : les enfants d’avidya

Dans les Yoga Sutra, Patanjali explique qu’avidya donne naissance à quatre autres causes de souffrance appelées klesha.

Asmita : l’ego ou l’identification

Nous nous identifions à un rôle, une image ou une fonction.

Nous oublions qu’ils ne représentent qu’une partie de notre expérience.

Raga : l’attachement

Nous cherchons à conserver ce qui nous procure du plaisir.

Dvesha : l’aversion

Nous rejetons ce qui nous semble désagréable.

Abhinivesha : la peur de perdre ou de disparaître

Cette peur fondamentale est présente à différents degrés chez presque tous les êtres humains.

Les cinq klesha constituent une véritable cartographie de la souffrance humaine.

Le Yoga Nidra : une expérience directe pour observer avidya

C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime tant transmettre le Yoga Nidra.

Cette pratique ne nous demande pas de croire à une théorie.

Elle nous invite à observer directement notre expérience.

Pendant le Yoga Nidra, nous pouvons constater que :

  • les sensations changent ;
  • les émotions changent ;
  • les pensées changent ;
  • les images mentales changent.

Pourtant quelque chose demeure présent.

Une conscience silencieuse.

Une présence qui observe.

Cette expérience ne supprime pas immédiatement avidya.

Mais elle ouvre une brèche.

Elle nous permet d’entrevoir qu’il existe peut-être en nous une dimension plus vaste que nos conditionnements habituels.

Comment réduire avidya selon les Yoga Sutra ?

Le yoga ne se contente pas de diagnostiquer les causes de la souffrance.

Il propose également un chemin.

Svadhyaya : l’étude de soi

Observer ses habitudes.

Questionner ses croyances.

Étudier les enseignements.

Mettre en relation la théorie et l’expérience.

Dhyana : la méditation

La méditation développe progressivement la capacité d’observer sans réagir immédiatement.

Elle apporte davantage de clarté.

Viveka : le discernement

Le discernement consiste à reconnaître ce qui est durable et ce qui ne l’est pas.

Cette qualité se développe avec la pratique régulière.

Le contact avec la nature

La nature nous enseigne constamment l’impermanence.

Les saisons changent.

Les feuilles tombent.

Les fleurs apparaissent puis disparaissent.

Observer ces cycles nous aide à accepter ceux de notre propre existence.

Avidya n’est pas une faute : c’est un point de départ

C’est un aspect que j’apprécie particulièrement dans les enseignements du yoga.

Patanjali ne présente jamais l’ignorance comme une faute morale.

Il ne s’agit pas d’être coupable.

Il s’agit simplement de reconnaître notre condition humaine.

Nous commençons tous quelque part.

Nous avançons tous avec nos conditionnements.

Nous apprenons tous progressivement à voir plus clairement.

Le chemin du yoga n’est donc pas celui de la perfection.

C’est celui de la lucidité.

Un peu plus chaque jour.

Une invitation à l’observation

Aujourd’hui, je vous propose une expérience très simple.

Prenez quelques minutes de silence.

Puis posez-vous cette question :

Parmi tout ce qui change dans ma vie, qu’est-ce qui demeure présent ?

N’essayez pas de répondre intellectuellement.

Observez.

Ressentez.

Laissez la question vivre en vous.

Peut-être découvrirez-vous que les Yoga Sutra ne parlent pas seulement d’une philosophie ancienne.

Peut-être parlent-ils de votre expérience la plus intime.


Pour aller plus loin

Vous pouvez également explorer :

  • l’article sur Les Yoga Sutra de Patanjali
  • Les cinq klesha dans la philosophie du yoga
  • Yoga Nidra et conscience témoin
  • Svadhyaya : l’étude de soi au quotidien
  • La Bhagavad Gita et la connaissance de soi
  • Qu’est-ce que le discernement (viveka) ?

Le Retour à la Lumière Originelle : ce que le Yoga Nidra nous enseigne sur notre véritable nature

Ce matin, lors du Yoga Nidra en ligne intitulé Le Retour à la Lumière Originelle, un thème s’est imposé avec douceur : celui du souvenir. Non pas le souvenir de notre histoire personnelle, le souvenir de ce que le yoga appelle parfois notre nature essentielle.

Cette idée peut sembler abstraite au premier abord. Pourtant, elle est au cœur des grands textes du yoga. Les Yoga Sutra, la Bhagavad Gita ou encore le Vedanta nous invitent tous, chacun à leur manière, à distinguer ce que nous sommes profondément de ce que nous croyons être.

Sous les couches d’expériences, de conditionnements, de peurs et de préoccupations quotidiennes, existerait un espace intact qui attend simplement d’être reconnu.

Un espace de paix.

Une lumière.

Une présence.

Et si le véritable chemin du yoga consistait moins à devenir quelqu’un qu’à reconnaître ce qui est déjà là ?

Quand le monde extérieur devient une porte vers l’intérieur

Nous vivons dans une époque où l’information circule partout. Les écrans nous relient au monde entier. Les nouvelles arrivent en continu. Les opinions s’affrontent. Tout semble bouger très vite.

Face à cette agitation, il est naturel de chercher des réponses à l’extérieur. Pourtant, le yoga propose une démarche complémentaire : apprendre à observer ce qui se passe à l’intérieur. Cette capacité d’observation est fondamentale dans la pratique.

Lorsque nous nous asseyons pour méditer ou lorsque nous entrons dans un état de Yoga Nidra, nous découvrons progressivement que nous pouvons observer nos pensées sans être obligés de les suivre. Nous pouvons observer nos émotions sans nous y perdre. Nous pouvons observer nos réactions sans nous y identifier complètement.

Dans la Bhagavad Gita, Krishna enseigne à Arjuna l’art de demeurer stable au milieu des changements. Cette stabilité n’est pas de l’indifférence. Elle naît de la connaissance de soi. Plus nous apprenons à nous connaître, moins nous sommes ballotés par les circonstances extérieures.

Ressentir la Terre vivante : une pratique de yoga à part entière

Ces derniers temps, je me surprends souvent à observer davantage la nature.

Regarder un arbre.

Suivre le mouvement d’une rivière.

Observer un insecte au travail.

Écouter le chant des oiseaux.

Contempler une montagne.

Ces moments simples deviennent parfois de véritables enseignements.

Pourquoi ?

Parce qu’ils nous rappellent une qualité essentielle du yoga : la présence. Un arbre ne cherche pas à être ailleurs. Une rivière ne lutte pas contre son mouvement. Les saisons suivent leur rythme.

La nature nous enseigne la patience, l’adaptation et l’équilibre. Pour un pratiquant de yoga, observer la nature peut devenir une forme de méditation. Elle nous aide à sortir du mental discursif pour revenir à l’expérience directe. Nous cessons alors de nous sentir séparés du vivant. Nous retrouvons notre place dans un ensemble plus vaste.

Comprendre avidya : la racine de nombreuses souffrances

Dans la philosophie du yoga, l’une des principales causes de la souffrance est appelée avidya, l’ignorance. C’est un concept fondamental que tout pratiquant gagne à explorer. L’ignorance, dans le yoga, ne signifie pas manquer de culture ou de connaissances.

Elle désigne le fait de confondre ce qui est temporaire avec ce qui est permanent.

Par exemple :

  • croire que nous sommes uniquement notre corps ;
  • croire que nous sommes nos pensées ;
  • croire que nous sommes nos émotions ;
  • croire que notre valeur dépend de nos réussites ou de nos échecs.

Les Yoga Sutra expliquent que cette confusion est à l’origine de nombreux déséquilibres intérieurs.

Le Yoga Nidra offre un terrain d’exploration particulièrement intéressant. Lorsque le corps se détend profondément et que le mental ralentit, nous pouvons parfois percevoir qu’il existe en nous quelque chose qui demeure présent malgré les changements.

Une présence silencieuse.

Une conscience témoin.

Un espace qui observe.

Nous ne sommes pas seulement le personnage que nous incarnons.

Nous sommes aussi la conscience qui observe ce personnage vivre son expérience.

Cette compréhension n’est pas seulement philosophique. Elle devient transformatrice lorsqu’elle est vécue.

Se souvenir de nos origines : un enseignement commun aux traditions du yoga

Dans de nombreuses traditions spirituelles de l’Inde, l’être humain est comparé à une étincelle issue d’un feu immense. L’étincelle semble séparée. Pourtant sa nature demeure identique à celle du feu.

Cette image nous aide à comprendre un enseignement essentiel : nous cherchons souvent à l’extérieur ce qui est déjà présent à l’intérieur.

La paix.

La joie.

L’amour.

La sagesse.

Cela ne signifie pas que nous n’ayons plus rien à apprendre.

Au contraire. Le yoga nous invite à développer svadhyaya, l’étude de soi.

Que signifie réellement svadhyaya ?

Souvent traduit par « étude de soi », svadhyaya est bien plus qu’une introspection psychologique.

Il s’agit de :

  • s’observer avec honnêteté ;
  • étudier les enseignements traditionnels ;
  • confronter ces enseignements à notre expérience ;
  • reconnaître nos mécanismes habituels ;
  • développer le discernement.

Le pratiquant devient alors un chercheur de vérité dans sa propre vie.

Ne garder que les bagages d’or : le discernement dans la pratique

Au fil de la vie, nous accumulons beaucoup de choses.

Des souvenirs.

Des blessures.

Des regrets.

Des peurs.

Des identités.

Des attentes.

Le yoga nous apprend progressivement à développer ce que l’on appelle viveka, le discernement.

Le discernement consiste à reconnaître ce qui nous rapproche de notre équilibre intérieur et ce qui nous en éloigne.

Dans la pratique quotidienne, cela peut prendre des formes très concrètes :

  • quelles pensées nourrir ?
  • quelles habitudes conserver ?
  • quelles réactions abandonner ?
  • quelles relations encourager ?

Les « bagages d’or » sont souvent les qualités que la pratique révèle peu à peu :

La gratitude.

La compassion.

La patience.

La confiance.

La capacité à aimer.

Le discernement.

Ces qualités deviennent de véritables ressources sur le chemin.

Au-delà du temps : une expérience évoquée par les sages du yoga

Une autre intuition est apparue pendant cette pratique de Yoga Nidra. Nous passons une grande partie de notre existence à nous définir par le temps.

Notre âge.

Notre passé.

Nos projets.

Notre avenir.

Pourtant, lorsque le mental devient plus calme, une autre perception peut émerger.

Les sages de l’Inde parlent depuis des millénaires d’une dimension de l’être qui n’est pas soumise aux mêmes changements que le corps ou le mental.

Le Yoga Nidra permet parfois d’en avoir un aperçu.

Le corps change.

Les émotions changent.

Les pensées changent.

Les circonstances changent.

Mais quelque chose continue d’observer.

Toujours.

Silencieusement.

Dans la tradition du yoga, reconnaître cette dimension intérieure est considéré comme une étape importante de la connaissance de soi.

S’appuyer sur une lumière plus vaste que le mental

Le mental est un outil précieux. Il nous permet d’apprendre, de comprendre et d’organiser notre vie. Le yoga nous rappelle qu’il n’est pas l’unique source de connaissance. Il existe également une forme de compréhension plus intuitive qui naît de l’expérience directe.

C’est pourquoi les pratiques contemplatives occupent une place si importante dans les traditions yogiques.

La méditation.

Le silence.

La contemplation.

Le Yoga Nidra.

Toutes ces pratiques nous entraînent à reconnaître ce qui demeure lorsque l’agitation mentale se calme. Peut-être que revenir à la lumière originelle signifie simplement cela : Apprendre à reconnaître cette présence stable qui existe déjà en nous.

Ce que cette pratique peut changer dans notre quotidien

Les grands enseignements du yoga ne prennent véritablement vie que lorsqu’ils transforment notre manière de vivre.

Après une pratique comme celle-ci, nous pouvons nous poser quelques questions simples :

  • Suis-je capable d’observer mes pensées sans les croire immédiatement ?
  • Quelles sont les identifications qui me limitent aujourd’hui ?
  • Qu’est-ce qui demeure stable en moi lorsque les circonstances changent ?
  • Quels sont les « bagages d’or » que je souhaite cultiver davantage ?

Ces questions ne demandent pas forcément des réponses immédiates.

Elles ouvrent simplement un espace d’exploration, c’est souvent ainsi que commence la connaissance de soi.


Une invitation pour les jours à venir

Aujourd’hui, prenez quelques instants pour vous asseoir en silence.

Observez votre respiration.

Écoutez les sons autour de vous.

Regardez un arbre.

Le ciel.

Un animal.

Une fleur.

Puis posez-vous cette question :

Dans mon expérience directe, qu’est-ce qui demeure présent malgré tous les changements de ma vie ?

Ne cherchez pas une réponse intellectuelle. Observez simplement. Ressentez. Laissez la question travailler en vous. C’est souvent ainsi que les enseignements du yoga cessent d’être des concepts pour devenir une expérience vivante.

Pour aller plus loin

Vous pouvez également explorer ces deux autres textes en lien :

N’hésitez pas à laisser

Changer le monde en commençant par soi

Au fil des années, une évidence revient souvent à moi.

Nous rêvons d’un monde plus juste, plus respectueux du vivant, plus humain. Nous aspirons à davantage de paix, de solidarité, de conscience et de beauté dans nos sociétés. Pourtant, nous cherchons souvent les solutions à l’extérieur de nous-mêmes.

Et si le véritable changement commençait ailleurs ?

Et si le nouveau monde que nous appelons de nos vœux prenait d’abord racine dans notre propre cœur ?

Chaque pensée que nous entretenons, chaque émotion que nous accueillons, chaque parole que nous prononçons participe à façonner notre réalité. Le monde collectif n’est-il pas le reflet de millions de mondes intérieurs ?

C’est pourquoi les traditions de sagesse nous invitent depuis des millénaires à revenir vers nous-mêmes.

Pas pour nous couper du monde, mais pour devenir des êtres plus conscients, plus stables, plus reliés à l’essentiel.

Se reconnecter à sa véritable nature

Nous vivons dans une époque où tout semble nous attirer vers l’extérieur : les écrans, l’information permanente, la comparaison, la performance, la vitesse.

Dans ce mouvement incessant, il devient facile d’oublier qui nous sommes réellement.

Pourtant, derrière les inquiétudes, les conditionnements et les rôles que nous jouons au quotidien, demeure un espace de calme, de présence et de confiance.

Le yoga, la méditation, la respiration consciente, le silence, le contact avec la nature ou encore les enseignements spirituels nous permettent peu à peu de retrouver ce lieu intérieur.

Un lieu où nous pouvons nous sentir alignés, enracinés et profondément vivants.

Nourrir ce que l’on souhaite voir grandir

L’énergie suit l’attention.

Lorsque nous nourrissons continuellement nos peurs, nos colères ou notre sentiment d’impuissance, nous renforçons ces états.

Lorsque nous cultivons la gratitude, la présence, la confiance et la bienveillance, nous développons d’autres possibilités.

Il ne s’agit pas de nier les difficultés du monde.

Il s’agit de choisir consciemment ce que nous voulons faire grandir en nous.

Comme une plante que l’on arrose chaque jour, notre état intérieur se construit à travers de petites pratiques régulières.

Quelques minutes de méditation.

Une séance de yoga.

Un temps de respiration consciente.

Une marche dans la nature.

La lecture d’un texte inspirant.

Un moment d’écoute de silence.

Ces gestes simples ont le pouvoir de transformer progressivement notre manière d’habiter le monde.

Une voie d’entraînement au quotidien

La conscience n’est pas une destination. C’est un chemin. Chaque jour nous offre une nouvelle occasion d’apprendre à nous écouter, à nous respecter et à nous aimer davantage.

Chaque jour nous pouvons choisir de revenir à ce qui nous relie profondément à la vie.

Il ne s’agit pas de devenir parfait.

Il s’agit de devenir plus authentique.

Plus présent.

Plus vivant.

Plus libre.

Les chemins que je vous propose

Depuis plus de dix ans, j’explore et transmets différentes pratiques qui soutiennent cette transformation intérieure.

À travers les cours de yoga, le yoga nidra, la méditation, les pratiques de respiration, les cercles de femmes, les enseignements des 13 Mères Originelles, les retraites, les rencontres autour de la spiritualité indienne ou encore mes livres illustrés sur la mythologie hindoue, mon intention reste la même :

Créer des espaces où chacun peut se reconnecter à sa force intérieure et à sa sagesse profonde.

Les séances de Yoga Nidra en ligne occupent une place particulière dans cette transmission. Elles permettent, depuis chez soi, de vivre un véritable temps de ressourcement. Dans cet état de relaxation profonde, entre veille et sommeil, le corps relâche ses tensions tandis que l’esprit s’apaise. C’est une pratique accessible à tous, qui aide à retrouver un sommeil de qualité, à réduire le stress et à cultiver une présence plus profonde à soi-même.

Que vous choisissiez de participer à un cours, à une séance de Yoga Nidra en ligne, à un cercle, à une retraite ou à une rencontre autour des sagesses de l’Inde, chaque proposition est une invitation à ralentir, à revenir à l’essentiel et à nourrir en vous les qualités que vous souhaitez voir fleurir dans le monde.

Une invitation à vivre l’expérience de l’Inde

Une invitation à vivre l’expérience de l’Inde

Parfois, certaines expériences ont le pouvoir d’accélérer ce que des mois de réflexion ne permettent pas toujours d’accomplir.

C’est dans cet esprit que je vous propose de me rejoindre pour un voyage exceptionnel en Inde, organisé avec une agence partenaire, du 28 février au 3 avril 2027.

Pendant dix-sept jours, nous partirons à la découverte d’une Inde authentique, spirituelle et profondément vivante. Bien au-delà des paysages, des temples et des rencontres, ce voyage sera avant tout une aventure intérieure.

Prendre le temps de ralentir.

Sortir de ses habitudes.

Découvrir une autre manière d’habiter le monde.

S’ouvrir à une culture millénaire qui place la quête de sens au cœur de l’existence.

Partager des pratiques de yoga, de méditation et des moments de présence dans des lieux inspirants.

Ce séjour sera également l’occasion de prendre soin de soi en profondeur grâce à l’Ayurveda, la médecine traditionnelle indienne. Chaque participant bénéficiera d’un accompagnement ayurvédique comprenant quatorze jours de soins, permettant au corps de se régénérer, de retrouver son équilibre naturel et de soutenir le processus de transformation intérieure engagé tout au long du voyage.

Alors que le début de l’année est souvent marqué par de bonnes résolutions qui s’effacent rapidement, ce voyage offre l’opportunité de vivre concrètement un changement de regard, de rythme et de conscience.

Une parenthèse hors du temps pour revenir à l’essentiel, nourrir son élan de vie et ouvrir un nouvel espace en soi.

Si cet appel résonne en vous, je serai heureuse de vous accompagner sur ce chemin au cœur de l’Inde.

Je ne crois pas qu’un nouveau monde apparaisse soudainement par miracle.

Je crois qu’il se construit chaque fois qu’une personne retrouve davantage de paix en elle-même.

Chaque fois qu’un être humain choisit la conscience plutôt que l’automatisme.

Chaque fois qu’une personne se souvient qu’elle fait partie d’un tout plus vaste.

Le changement collectif commence là.

À l’intérieur.

Et parfois, il commence aussi par un simple pas que l’on ose faire vers soi-même.

À bientôt,
Bhavani

Être heureux quoi qu’il arrive


Peut-être que, en lisant ce titre, certaines personnes vont se révolter : « Alors nous n’avons pas le droit d’être triste ? »
Bien sûr que chacun, chacune a le droit d’être triste ou en colère. Bien sûr que tout le monde a le droit de croire qu’il est la tristesse ou qu’il est la colère. Il a le droit de croire être complètement ces émotions, c’est ce qu’on appelle être submergé par elles. Évidemment, les vagues affectives nous secouent tous et toutes, à des degrés différents, avec plus ou moins d’intensité.
Un yogi, une yoginī, c’est celui ou celle qui a cessé de s’identifier à ces vagues. Qui peut reconnaître en lui, en elle : Śivo’ham* — « Je suis Śiva, conscience pure ».
Mettons un bémol. Dans la tradition, on appelle yogi ou yoginī une personne réalisée, qui a atteint un état stable de conscience. Nous employons ce mot un peu plus librement aujourd’hui. Nous sommes tous et toutes en chemin. Nous pouvons en avoir une conscience intellectuelle, parfois une expérience passagère, ou sentir cela de plus en plus profondément. Personnellement, je me considère comme une yoginī, avec une précision comme une « jeune adolescente yoginī ». Car j’ai beau me répéter : « Śivo’ham, je suis la conscience pure, je suis Śiva », je vois bien que je reste encore sous l’emprise de prakṛti.

Dans le Sāṃkhya, texte fondateur de la philosophie indienne, il est dit que mūlaprakṛti, la racine primordiale, est la source non manifestée de toute la nature. La Kārikā 3* précise : « La racine primordiale (mūlaprakṛti) est non modifiée ; de cette racine procèdent les autres principes manifestés. Quant au puruṣa, il n’est ni cause ni effet. » Et la Kārikā 11* ajoute : « La nature agit pour le puruṣa, comme une danseuse qui, une fois observée, se retire. » Cette image est magnifique : prakṛti, avec ses trois guṇa (sattva, rajas, tamas), déploie tout le monde manifesté, les pensées, les émotions, les mouvements intérieurs. Mais puruṣa, la conscience pure, reste immuable, spectateur silencieux devant cette danse de la manifestation. Tant que nous nous identifions à la danse de prakṛti, nous croyons être les émotions qui nous traversent.
C’est ce que dit aussi Patañjali dans les Yoga Sūtra. Il définit deux des causes fondamentales de la souffrance (kleśa) : rāga, l’attachement au plaisir, et dveṣa, l’aversion pour la douleur (Yoga SūtraII.7–8). Ce n’est pas l’émotion elle-même qui est un problème, mais le fait de croire qu’elle me définit. Plus loin, il donne même une méthode : « Quand l’esprit est troublé par des pensées négatives, cultiver la pensée contraire » (vitarka-bādhane pratipakṣa-bhāvanam, Yoga Sūtra II.33). Une possibilité très concrète pour ne pas se laisser emporter, et cela rejoint aujourd’hui ce que les psychologues appellent la réévaluation cognitive. De là, nous pouvons comprendre l’importance de formuler des sankalpas sous la forme de phrases positives courtes que nous réciterons entre chien et loup tout au long de notre (nos) vie(s). Dans la Bhagavad-Gītā, Krishna exprime la même idée en des termes simples et universels : « Les contacts des sens avec leurs objets donnent froid et chaud, plaisir et douleur. Ils vont et viennent, impermanents. Supporte-les avec patience » (Bhagavad-Gītā 2.14). Ici, les émotions sont comparées au chaud et au froid : elles sont passagères, elles ne durent pas. Et plus loin : « Tous les actes sont accomplis par les guṇa de la nature (prakṛti). Trompé par l’ego, celui qui a l’esprit égaré croit : “Je suis l’acteur” » (Bhagavad-Gītā 3.27). Autrement dit, ce ne sont pas nos émotions qui nous définissent, pas plus que nos actes : ce sont les guṇa de prakṛti qui se déploient, et nous, en tant que conscience pure, ne sommes jamais touchés.

Une émotion, c’est donc quelque chose qui nous traverse. Dans les meilleurs cas, la traversée dure quelques secondes, le temps d’en prendre conscience. Un ami m’a raconté qu’un jour, à l’ashram d’Arnaud Desjardins, Jacques Castermane donnait une conférence. En plein milieu de son discours, il s’est arrêté, a posé la main sur son cœur, a regardé le public, les yeux grands ouverts, et a dit simplement : « Ah, je fais une angoisse. » Puis il a pris une inspiration, une expiration, et il a repris son enseignement comme si de rien n’était.
C’est cela, se laisser traverser par l’émotion : sans la repousser, sans s’y accrocher, sans croire qu’elle nous définit.
Faisons de notre mieux pour nous rapprocher de qui nous sommes réellement, et d’éloigner de nous la croyance d’être autre chose comme une émotion, ça commence peut-être par notre façon de communiquer de parler par exemple lors de mes interviews, je demande à la personne de se présenter et plusieurs m’ont répondu qu’il ne pouvait pas répondre à cette question par contre il pouvait me parler de leur historique, le premier qui m’a dit ça, c’était François Lorin à Zinal, mais quelques mois auparavant, il y avait eu la réponse spontanée de Philippe Djoharikian, directeur de l’école dans laquelle j’ai été formée en tant que professeure de yoga, école faisant partie de la FIDHY qui m’avait répondu : « je suis Shiva ! », j’avais rigolé, j’avais arrêté la caméra et je lui avais dit : “Mais tu peux pas te présenter comme ça?”, Il m’avait dit: “Ah bon? Mais comment puis-je me présenter autrement?”, ce à quoi, je lui avais répondu une réponse complètement digne de l’illusion totale de Prakriti. Il avait bien voulu jouer à ce jeu de l’illusion que nous jouons tous. Cette vidéo est disponible sur la chaîne youtube de la FIDHY.
On va dire que cette fois, j’ai été inspiré ! Je ressens la joie de vous avoir transmis un peu de cette expérience d’incarnation terrestre.

Hari Om,

Bhavani, 

A. Sterlay, enseignante de Yoga depuis 2015 et autrice de livres qui rendent accessible la mythologie indienne (disponibles sur commande lachouetteblanche.com)

Définitions:

Śivo’ham (शिवोऽहम्) est une formule sanskrite qui signifie littéralement : « Je suis Śiva ». Dans la tradition, Śiva ne désigne pas ici une divinité personnelle, mais la conscience pure, immuable, témoin silencieux de tout ce qui apparaît et disparaît. Répéter Śivo’ham est une manière de se rappeler que, derrière les pensées, les émotions et les mouvements de la nature (prakṛti), notre essence est libre, éternelle, paisible.

Kārikā : Kārikā signifie littéralement « strophe » ou « vers explicatif » en sanskrit. Le Sāṃkhya Kārikā, composé par Īśvarakṛṣṇa (IVe siècle), est le texte fondateur de l’école du Sāṃkhya. Il présente en 72 stances les grands principes de cette philosophie, notamment la distinction entre puruṣa (la conscience pure) et prakṛti (la nature manifestée).
Sāṃkhya Kārikā 3
Sanskrit (devanāgarī) :
मूलप्रकृतिरविकृतिर्महदाद्याः प्रकृतिविकृतयः सप्त ।
षोडशकस्तु विकारः शेषः पुरुषो न विकृतिर्न प्रकृतिः ॥३॥
Translittération (IAST) :
mūlaprakṛtir avikṛtir mahad-ādyāḥ prakṛtivikṛtayaḥ sapta
ṣoḍaśakas tu vikāraḥ śeṣaḥ puruṣo na vikṛtir na prakṛtiḥ
Traduction française :
« La racine primordiale (mūlaprakṛti) est non modifiée.De celle-ci procèdent sept principes à la fois causes et effets (dont le mahat et l’ahaṃkāra).Seize autres sont seulement des effets.Quant au puruṣa, il n’est ni effet ni cause. »
Sāṃkhya Kārikā 11
Sanskrit (devanāgarī) :
दृष्टा मया नान्यपुरुषस्तत्त्वभिनिवेशितः संयोगः ।
तस्य सति संयोगेऽपवर्गः पुरुषस्य दार्शनात् ॥११॥
Translittération (IAST) :
dṛṣṭā mayā nānyapuruṣas tattvabhiniveśitaḥ saṃyogaḥ
tasya sati saṃyoge ’pavargaḥ puruṣasya dārśanāt
Traduction française :
« La nature (prakṛti) est vue par le puruṣa, et non par un autre. C’est par l’union des deux que se produit l’attachement aux réalités. Mais lorsque ce lien subsiste tout en étant vu pour ce qu’il est, alors advient la libération du puruṣa, grâce à la vision véritable. »

IAST : International Alphabet of Sanskrit Transliteration. C’est le système international standard de translittération notamment du sanskrit. Il utilise l’alphabet latin enrichi de signes diacritiques (par exemple : ṛ, ṅ, ā, ī, ś, ṣ) pour représenter exactement les sons du sanskrit écrit en devanāgarī.
Exemple :
शिवार्हम् → IAST : Śivāham


Yoga Sūtra : recueil d’aphorismes attribués à Patañjali (IIe s. av. J.-C. – Ve s. apr. J.-C.), qui expose la philosophie et la pratique du yoga en 195 courts versets.
Yoga Sūtra II.7–8
Sanskrit (devanāgarī) :
७. सुखानुशयी रागः ॥
८. दुःखानुशयी द्वेषः ॥
Translittération (IAST) :
2.7 sukhānuśayī rāgaḥ
2.8 duḥkhānuśayī dveṣaḥ
Traduction française : 
2.7 « L’attachement (rāga) est ce qui s’enracine dans l’expérience du plaisir. »
2.8 « L’aversion (dveṣa) est ce qui s’enracine dans l’expérience de la souffrance. »
Yoga Sūtra II.33
Sanskrit (devanāgarī) : 
३३. वितर्कबाधने प्रतिपक्षभावनम् ॥
Translittération (IAST) : 
2.33 vitarka-bādhane pratipakṣa-bhāvanam
Traduction française : « Lorsque l’esprit est troublé par des pensées négatives (vitarka), il faut cultiver des pensées contraires (pratipakṣa-bhāvana). »

Bhagavad-Gītā : Texte sacré de l’hindouisme faisant partie du Mahābhārata, présenté sous forme d’un dialogue entre Krishna et Arjuna. Il expose la voie de la connaissance, de l’action et de la dévotion, et aborde la nature de l’âme, du devoir et de la libération. La bhagavad Gîta nous parle de la guerre intérieure que nous menons avec nous-même.
Versets cités :
BG 2.14 : « Les contacts des sens avec leurs objets donnent froid et chaud, plaisir et douleur. Ils vont et viennent, impermanents. Supporte-les avec patience. »

BG 3.27 : « Tous les actes sont accomplis par les guṇa de la nature (prakṛti). Trompé par l’ego, celui qui a l’esprit égaré croit : “Je suis l’acteur.” »

Arnaud Desjardins (1925–2011) : pionnier de la rencontre entre l’Orient et l’Occident, il a fait connaître en France les grands maîtres spirituels de l’Inde, du Tibet et du soufisme, à travers ses films et ses livres. Disciple de Swami Prajnanpad, il a fondé l’ashram de Hauteville, lieu de pratique et d’enseignement spirituel.

André Lemoine est de mes amis , disciple d’Arnaud Desjardins, c’est entre autre un thérapeute qui a écrit « Le vrai prix du bonheur » ( http://www.andre-lemoine.com/)

Jacques Castermane: enseignant zen reconnu, Jacques Castermane est le disciple de Karlfried Graf Dürckheim.

Anuloma Viloma

Anuloma Viloma : la respiration alternée du yoga pour apaiser le mental

Dans la tradition du yoga, la respiration occupe une place essentielle. Les yogis considèrent le souffle comme une passerelle entre le corps, l’esprit et l’énergie vitale appelée prāṇa.

Parmi les pratiques de prāṇāyāma – l’art de réguler la respiration – Anuloma Viloma est l’une des plus connues. Cette technique de respiration alternée du yoga est simple à pratiquer et possède de nombreux bienfaits : elle calme le mental, équilibre le système nerveux et prépare à la méditation.

Dans cet article, découvrons ce qu’est Anuloma Viloma, ses bienfaits, la différence avec Nadi Shodhana, et comment l’aborder dans une pratique de yoga.

Qu’est-ce que la respiration Anuloma Viloma ?

Anuloma Viloma est une technique de respiration alternée par les narines utilisée dans le yoga.

La pratique consiste à respirer successivement par chaque narine :

  1. inspiration par une narine

  2. expiration par l’autre

  3. puis on inverse.

La main droite sert à fermer délicatement une narine puis l’autre.

Cette respiration est liée à la circulation de l’énergie dans deux canaux subtils décrits dans la tradition yogique :

  • Ida, associé à l’énergie lunaire, au calme et à l’intériorité

  • Pingala, associé à l’énergie solaire, à l’action et à la vitalité

En alternant les narines, la respiration équilibre ces deux courants énergétiques et permet progressivement d’apaiser l’activité mentale.

Bhavani réalise le vishnu mudra durant la pratique de Anuloma Viloma.
Bhavani, professeur de yoga, réalise le vishnu mudra durant la pratique de pranayama
Bhavani a pratiquer les pranayamas avec le nasagra mudra
Bhavani bouche la narine droite dans le mudra nasagra

Le Vishnu Mudra est le geste le plus souvent utilisé pour pratiquer la respiration alternée.

Dans ce mudrā :

  • l’index et le majeur sont repliés vers la paume

  • le pouce sert à fermer la narine droite

  • l’annulaire (parfois avec l’auriculaire) sert à fermer la narine gauche

La main droite se place doucement devant le visage et les doigts viennent fermer les narines sans pression excessive.

Ce mudrā permet un mouvement simple et fluide :
le pouce et l’annulaire alternent pour fermer chaque narine pendant la respiration.

Ce geste est appelé Vishnu mudra, il symbolise l’équilibre et l’harmonie.

Depuis 2023, Bhavani utilise ce mudra pour les pranayams selon la tradition de Nataraja Guru , pratique enseigné par Ekarshi Sarva Atma.

Le Nasagra Mudra est une autre façon de positionner la main pour la respiration alternée.

Dans ce geste :

  • l’index et le majeur restent allongés

  • ils peuvent se poser doucement entre les sourcils ou près du nez

  • le pouce ferme la narine droite

  • l’annulaire ferme la narine gauche

Ce mudrā est parfois considéré comme plus stable et plus méditatif, car les doigts posés sur le front aident à garder une attention intérieure.

Certaines écoles préfèrent ce geste pour les pratiques longues de prāṇāyāma.

De 2012 à 2023, Bhavani a utilisé ce mudra qui lui a été enseigné par Philippe Djoharikian.

Les bienfaits d’Anuloma Viloma

Seule la pratique régulière peut avoir des effets durables.

Calmer le mental

Le ralentissement de la respiration agit directement sur le système nerveux. Beaucoup de pratiquants observent une diminution du stress et de l’agitation mentale. Gardons à l’esprit que ce n’est pas l’objectif final de la pratique mais que cela prépare à la méditation

Améliorer la concentration

Lorsque la respiration devient plus régulière, l’esprit se stabilise. Cela favorise la concentration et la clarté mentale.

Harmoniser l’énergie

Selon la philosophie du yoga, Anuloma Viloma aide à équilibrer les flux d’énergie dans le corps et à favoriser une sensation d’harmonie intérieure.


Bhavani explique le pranayama

Anuloma Viloma et Nadi Shodhana : quelle différence ?

Beaucoup de personnes confondent Anuloma Viloma et Nadi Shodhana.

Les deux techniques reposent sur la respiration alternée, mais elles ne sont pas exactement identiques.

Anuloma Viloma

  • respiration alternée simple

  • rythme naturel

  • généralement sans rétention du souffle

Nadi Shodhana

  • respiration alternée plus structurée

  • inclut souvent des rétentions de souffle (kumbhaka)

  • objectif traditionnel : purifier les canaux énergétiques (nāḍīs)

Dans l’apprentissage du yoga, Anuloma Viloma est souvent une étape préparatoire avant des pratiques de prāṇāyāma plus avancées.

Une interview d’Ekarshi Sarva Atma sur le pranayama

Pour approfondir ce sujet, vous pouvez également découvrir l’entretien avec Ekarshi Sarva Atma par Bhavani sur la chaîne YouTubede Maïthri Mandir

Une pratique à apprendre avec un professeur

Aujourd’hui, il existe de nombreuses vidéos et explications en ligne sur la respiration du yoga.

Cependant, le prāṇāyāma reste une pratique qui gagne à être apprise avec un professeur expérimenté.

La respiration agit profondément sur :

  • le système nerveux

  • l’énergie vitale

  • l’équilibre intérieur.

Pour cette raison, Bhavani recommande toujours un accompagnement en présence. Les supports virtuels peuvent aider à découvrir la pratique, mais ils ne remplacent pas l’ajustement et l’attention d’un enseignant.

Découvrir la respiration alternée lors d’un stage de yoga

La pratique d’Anuloma Viloma est notamment explorée lors du stage : « La pratique du yoga » proposé cet été à l’ashram.

Ce stage permet d’expérimenter les fondements du yoga traditionnel :

  • les postures

  • la respiration

  • la méditation

  • et l’étude des textes.

Car au fond, le yoga commence peut-être simplement par cela : apprendre à respirer.

Qui est Bhavani ?

Bhavani enseigne le yoga depuis 2015 avec une approche ancrée dans la tradition et dans l’expérience directe de la pratique. Depuis 2025, elle partage son temps entre :

  • des périodes de pratique et d’étude en ashram en Inde

  • et des temps d’enseignement en France, à l’ashram de Decazeville, où elle accueille les pratiquants pour des stages et des temps de transmission.

Le Satkarma : techniques de purification

Dans la pratique du haṭha-yoga traditionnel, les ṣaṭkarma (ou ṣaṭkriyā) sont les six techniques de purification du haṭha-yoga.
Elles préparent le corps et le mental au prāṇāyāma, à la méditation et aux pratiques plus subtiles en nettoyant les excès de mucus, de toxines et les blocages énergétiques, elles sont donc destinées à libérer le corps, soutenir la circulation du prāṇa et préparer le pratiquant au prāṇāyāma ainsi qu’à la méditation.

On les trouve décrites notamment dans la Haṭha Yoga Pradīpikā et la Gheraṇḍa Saṃhitā.

Important : Ces pratiques sont puissantes. Certaines peuvent être transmises dans un cadre pédagogique ; d’autres nécessitent un accompagnement spécialisé. Plusieurs de ces techniques sont puissantes et doivent idéalement être apprises avec un·e enseignant·e qualifié·e. Certaines sont contre-indiquées selon l’état de santé.

Bhavani enseigne celles qu’elle maîtrise intimement et oriente vers des experts lorsque cela est plus juste

 

Neti – purification des voies nasales

Neti favorise une respiration fluide, soutient l’immunité et prépare efficacement aux pratiques de souffle.

Deux formes principales :

Jala neti – rinçage à l’eau tiède salée avec un petit pot.
→ favorise une respiration libre, utile pour le prāṇāyāma, allergies, rhumes légers.

Sutra neti – passage d’un fil ou d’un cathéter souple dans la narine.
→ agit plus profondément sur la désensibilisation et l’ouverture.

Bhavani pratique jala neti de manière simple, sans utiliser le traditionnel pot. Elle aspire l’eau tiède directement dans le creux de la main, dans une recherche de sobriété et d’autonomie.
Elle peut également employer des pipettes physiologiques lorsque c’est nécessaire. Le sel reste occasionnel, plutôt réservé aux périodes de rhume ou d’inconfort de la gorge.

Cette manière de faire permet un entretien régulier, doux, respectueux des muqueuses.

Et le sutra neti ?

Bhavani a appris cette technique en 2014 auprès de Walter Ruta, directeur de l’École Pramiti. Pour des raisons personnelles liées à son histoire, elle a choisi de ne pas poursuivre cette exploration et ne l’enseigne pas.

Les personnes qui souhaitent aller dans cette direction sont invitées à se rapprocher directement de cet enseignant, dont c’est l’un des champs de spécialité.

Dhauti – purification de l’estomac

Dhauti regroupe différentes méthodes de nettoyage du système digestif haut.

Une forme très connue aujourd’hui :

Kunjal kriyā / vamana dhauti – boire de l’eau salée puis la régurgiter.
→ contribue à éliminer les excès de mucus et à alléger certaines lourdeurs digestives.

Ces techniques ont une action profonde sur l’organisme.

Bhavani fait le choix de ne pas enseigner dhauti.
Les pratiquants désireux de s’y former peuvent se rapprocher de Walter Ruta, directeur de l’École Pramiti, spécialiste de ces kriyā.

Bhavani pratique le nauli krya


Nauli – le barattage abdominal

Nauli est une pratique centrale du haṭha-yoga.

Par le déplacement volontaire des muscles de l’abdomen :
→ les organes internes sont massés
→ le feu digestif (agni) est stimulé
→ l’énergie générale se renforce
→ la concentration s’approfondit

Bhavani utilise régulièrement cette technique dans sa sādhanā personnelle.

Elle a reçu l’enseignement de Philippe Djoharikian, puis l’a approfondi auprès de Rodolphe Milliat durant les quatre années de formation à la Babaschool.

Dans sa pédagogie, elle insiste sur la progressivité et la précision. Nauli se construit avec patience ; il ne s’agit jamais d’une performance.

👉 Nauli peut être appris avec Bhavani lors de stages en France.
Un approfondissement est possible pendant la formation en Inde – février 2027.

Découvrez les prochaines dates :
https://academy-gaiahealer.com/retraites
https://lachouetteblanche.com/agenda/

 


Basti – purification des intestins

Basti correspond aux méthodes anciennes de nettoyage du côlon.

→ agit sur l’équilibre de vāta
→ soutient la légèreté du corps
→ participe aux processus d’élimination

Bhavani peut la pratiquer pour elle-même mais, de son point de vue, cette technique nécessite l’avis d’un professionnel de santé en Ayurveda. Mal encadrée, elle peut provoquer des effets indésirables comme des irritations intestinales.

Pour cette raison, elle ne l’enseigne pas.
Les médecins ayurvédiques utilisent d’ailleurs plus fréquemment le vasti, avec des huiles médicinales adaptées.



Bhavani pratique le nauli krya

Kapālabhāti – le crâne brillant

Kapālabhāti repose sur des expirations actives et rythmées, les inspirations venant naturellement.

→ nettoie les voies respiratoires
→ dynamise le corps
→ clarifie le mental
→ prépare au prāṇāyāma

Bhavani pratique et enseigne kapālabhāti depuis de nombreuses années.

Elle a été formée par Philippe Djoharikian, a approfondi avec Rodolphe Milliat, puis a intégré l’approche d’Ekarshi Sarva Atma, qui propose parfois cette technique de manière dynamique dans les postures.

Elle apprend à chacun à rester détendu. Beaucoup pratiquent en force ; la crispation limite les effets recherchés.

👉 Kapālabhāti est transmis lors des stages en France, avec possibilité d’immersion plus profonde pendant la formation en Inde – février 2027.

Toutes les dates :
https://academy-gaiahealer.com/retraites
https://lachouetteblanche.com/agenda/

Trāṭaka – la concentration par le regard

Trāṭaka consiste à fixer un point, souvent la flamme d’une bougie.

→ purifie et renforce les yeux
→ développe la capacité de concentration
→ prépare naturellement à la méditation

Bhavani a reçu cet enseignement de Philippe Djoharikian et le pratique régulièrement, notamment lors de stages, au lever du jour.

👉 Cette pratique est proposée pendant les stages en France et pourra être approfondie lors de la formation en Inde – février 2027.

Voir les prochaines rencontres :
https://academy-gaiahealer.com/retraites
https://lachouetteblanche.com/agenda/


Bhavani pranayama